Sicko : Michael Moore tire sur l’ambulance
Après le commerce des armes (Bowling for Columbine) et la politique internationale de Bush (Farenheit 9/11), le cinéaste provocateur, Michael Moore, dégaine cette semaine Sicko, nouveau pamphlet dans lequel il dénonce le système de santé américain, perverti par l’argent. Tout à la fois accablant et hilarant.
Imaginez : vous vous coupez deux doigts accidentellement. Vous êtes assuré, mais pour recoudre votre annulaire, il vous en coûtera 12 000 dollars, et pour le majeur, le prix est encore plus élevé : 60 000 dollars ! Alors, comme vous n’avez pas les moyens de payer, vous devez choisir entre l’annulaire et le majeur… C’est ce qui est arrivé à l’un des citoyens américains filmé par Michael Moore dans son dernier film documentaire, Sicko.

Le réalisateur de Bowling for Columbine et de Farenheit 9/11 est un provocateur. Dans son dernier film, il s’attaque au système de santé américain, en plein marasme. Et il tire sur l’ambulance : les mutuelles de santé privées qui fonctionnent sur l’appât du gain et le profit, les labos pharmaceutiques qui font grimper les prix, le gouvernement américain, payé pour ne pas bouger, l’individualisme latent… Sur les milliers de témoignages récoltés sur son site internet, le cinéaste a mis en lumière les cas les plus éloquents, violents, sordides, comme cette femme qui a enterré son mari parce qu’aucune compagnie d’assurance n’a voulu payer sa greffe de rein, comme cette maman qui a vu mourir son bébé parce qu’elle n’était pas dans l’hôpital agréé par son assurance.

Michael Moore a le sens du drame, mais aussi et surtout le sens de l’humour. C’est là sa force ! Malgré les apparences, l’on sourit beaucoup dans Sicko, et l’on rit pas mal. Comme le réalisateur n’est pas toujours d’une honnêteté intellectuelle irréprochable, il en énervera aussi certains. Sa mauvaise foi est éloquente et revendiquée quand il emmène à Guantanamo quelques secouristes volontaires du 11 septembre, malades des bronches et oubliés, parce que ce lieu de détention est, selon le gouvernement de Bush, une prison dorée où les détenus sont bien soignés… Et l’on rit aussi de la caricature qu’il fait du système de santé public français, idéal à ses yeux ! D’ailleurs, on se demande s’il ne force pas le trait de la même manière quand il compare le système américain aux systèmes publics anglais, canadien ou cubain... Mais Michael Moore le sait : pour toucher le public américain, il ne faut pas toujours faire dans la finesse !
Sortie le 5 septembre
Par beaujarret le 3 Septembre 2007 à 07h31
Par chicoutimi le 3 Septembre 2007 à 07h53
Avec notre déficit de la sécu, on y arrive, hélas, au système ricain.
Par vette1 le 3 Septembre 2007 à 11h25
j'adore ce metteur en scène
Par pupucette15 le 3 Septembre 2007 à 13h40
Moi aussi j'espère le voir bientôt.
Tu fais du tricot Cloville
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