Sans arme, ni haine, ni violence: Albert Spaggiari revu par Jean-Paul Rouve
Jean-Paul Rouve dresse le portrait d’Albert Spaggiari, l’auteur du « casse du siècle » à Nice à la fin des années 70. Dans cette comédie douce-amère qui sent bon la nostalgie, le comédien prend la caméra pour la première fois. Et c’est plutôt réussi !
Le 19 juillet 1976, Albert Spaggiari (Jean-Paul Rouve) fait le casse du siècle à la Société Générale de Nice. Avec l’aide de mafieux et d’anciens camarades de l’armée, il dérobe 49 millions de francs dans les coffres de la banque en un week-end : « sans arme, ni haine, ni violence » laisse-t-il d’ailleurs inscrit sur les murs du lieu du casse. Arrêté en 1977, il s’échappe du bureau du procureur en sautant par la fenêtre et entame une retraite dorée dans un pays d’Amérique du Sud. Mais la gloire et la notoriété lui manquent. Heureusement, un journaliste de Paris Match (Gilles Lellouche) cherche à obtenir une interview avec le cerveau du « casse du siècle ». Le rendez-vous s’organise…

Le premier film de Jean-Paul Rouve est une curiosité cinématographique. Ce n’est ni un film d’action à la Ocean’s Eleven ni une œuvre biographique autour du gangster qui a défrayé la chronique à la fin des années 70. Non. Le film débute sur le ton de la comédie un peu pop pour muer petit à petit en chronique mélancolique et intimiste. A n’en pas douter, Jean-Paul Rouve s’est pris d’affection pour son personnage : « Je connais Spaggiari depuis que je suis gamin, même si, au fond, je ne savais pas grand-chose sur lui. Juste qu’il avait fait un casse en passant par les égouts, qu’il s’était évadé en sautant de la fenêtre du bureau du juge et qu’il était resté douze ans en cavale sans qu’on ne l’attrape jamais. Intrigué par ce parcours, j’ai cherché à me renseigner davantage… » Et peu à peu, Jean-Paul Rouve a cerné le bonhomme : « Spaggiari est un mytho qui a réussi. Il veut juste être connu pour être connu. Ce désir le ronge de l’intérieur. Il a envie qu’on adule comme une star mais il ne peut pas se faire reconnaître. D’ailleurs, à un moment, on l’entend dire : « Votre public vous manque ? Oui, mais moi si je remonte sur scène, je prends perpète ! ». C’est de ce contraste-là que j’ai voulu parler. En fait, il est comme ces chanteurs qui ont fait un tube et ont peur de retomber dans l’anonymat ».

Le récit du casse du siècle (quelques flash-back bien pensés) n’est donc qu’un prétexte pour tirer le portrait d’un homme qui vit à la fois dans la nostalgie du passé et dans le mensonge d’un présent qu’il idéalise. Il forme avec sa femme Julia (délicieuse Alice Taglioni) un couple atypique et attachant, très loin finalement de ce qu’il montre. Un jeu de dupes se construit d’ailleurs peu à peu entre ce couple de paillettes et ce journaliste qui cache aussi son propre mensonge. Dans Sans arme, ni haine, ni violence, les apparences sont trompeuses, mais les liens se tissent pourtant entre les personnages.
Alors, si le scénario manque un peu d’enjeu, que l’histoire semble quelque peu confuse à certains moments et que l’intrigue demanderait à être un peu plus épicée, l’ambiance des années 70 et 80 s’avère bien pensée, le trio d’acteurs tient largement la route et la réalisation est soignée et pleine d’imagination. Du coup, le charme opère et le spectateur se laisse lui aussi séduire par ce jeu de dupes.
Sortie le 16 avril
Par beaujarret le 13 Avril 2008 à 09h38
Chouette, ça va donner des idées !
Par malou le 13 Avril 2008 à 18h34
je crois que nous vivons dans un monde ou hélas, certains n'attendent pas la sortie d'un film pour avoir des idées de ce genre.
Par anticum le 14 Avril 2008 à 10h01
Je connais tres bien l'histoire car a l'epoque j'installais des alarmes dans la salle forte d'une autre banque de Nice,malheureusement,pour elle,la societe generale n'était pas notre cliente et avait confiance aux murs de sa salle forte.Des types comme Spaggiari rendent service aux societes d'alarme.Le malheur des uns...
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